Alors qu’est célébré le 90e anniversaire de la bataille de Verdun, le musée Nicéphore Niépce met en scène ses collections sur la Première Guerre mondiale, en s’appuyant sur les nouvelles technologies de l’image. L’exposition rend compte du flot permanent d’images – officielles, populaires - circulant à l’époque à l’arrière du front, et dont les historiens s’accordent à dire qu’il contribua à banaliser, à déréaliser le conflit, et permit aussi la re-mobilisation.

 

Cette guerre devait durer un an. Avec la stabilisation des fronts en 1915, les photographes vont devenir les témoins directs de chaque opération. Ils sont généralement accrédités par la Section Photographique des Armées, créée la même année pour contrôler la production des images sur la guerre.

La photographie de terrain ne s’engage pas sur l’immédiateté de l’image de reportage telle que nous la concevons aujourd’hui. Diffusée avec un léger décalage sur les événements produits, dans les journaux illustrés, elle est souvent retravaillée, retouchée. Mais l’horreur est tout de même déjà là, imprimée dans les revues hebdomadaires comme Le Miroir.

 

 

La Première Guerre mondiale fut également le prétexte d’une énorme production de vues stéréoscopiques, procédé photographique restituant au spectateur la sensation de relief. Produites par les amateurs comme par les organes officiels, ces vues seront majoritairement commercialisées dans les années 1920. Leur production fut un facteur essentiel de la diffusion d’images sur la vie dans les tranchées.

L’exposition restitue ces images spectaculaires à travers différents dispositifs numériques qui nous projettent au cœur du conflit. Par l’illusion de la profondeur, le mimétisme de la photographie agit pleinement : lorsque nous regardons ces images, nous sommes en lieu et place du photographe, nous voyons avec les yeux du Poilu.

 

En contrepoint de cette production officielle, contrôlée et plus tardivement commerciale, l’exposition raconte l’histoire d’un jeune couple séparé par la guerre, Mamad et Toinot, dont la correspondance via des cartes postales « patriotiques » a pu être conservée. Ainsi l’exposition mêle-t-elle la grande Histoire à l’histoire d’une vie.

 

 

Cette exposition a bénéficié du partenariat du Conseil Général de la Meuse et du Conservatoire Régional de l’Image Nancy-Lorraine.

L’ensemble des dispositifs audio-visuels présentés dans l’exposition a été conçu et réalisé par la société On-Situ.